Les 3 infos qu’il vous faut pour devenir auto-entrepreneur : retour d’expérience

Bien trop souvent, on imagine que devenir auto-entrepreneur se fait en un coup de cuillère à pot. C’est en partie vraie : en réalité, le statut auto-entrepreneur a été créé afin de faciliter considérablement l’accès à la création d’entreprise et au travail indépendant. C’est un véritable succès ! En effet, depuis la création du régime en 2009, les micro-entrepreneurs représentent la grande majorité des créations d’entreprises en France et restent en constante augmentation.

Mais tous ces auto-entrepreneurs sont-ils bien conscients qu’il s’agit d’une création de société à part entière ? Pour ma part, j’avais quelques doutes à me lancer tête baissée dans l’aventure avec cette simple certitude qui résonne comme un slogan : l’auto-entreprise est simple et accessible à tous. Le web regorge d’informations très pertinentes sur l’auto-entreprise et sur toutes les manières possibles et imaginables de la mener sur la route du succès. Pourtant, “plus on sait, plus on doute”, alors j’ai préféré faire appel à des experts du statut, ceux d’Auto-Entrepreneur.fr plus précisément, afin de démêler le vrai du faux et surtout, trouver de l’humain derrière toutes ces obligations administratives.

Futurs auto-entrepreneurs, je vous résume ce que je sais désormais de source sûre en 3 infos.

Info n°1 : Oui, un auto-entrepreneur est un chef d’entreprise

Et cela rime avec responsabilité, sur tous les plans de la vie personnelle et professionnelle. En effet, bien que l’accès au statut soit considérablement facilité, un auto-entrepreneur ne doit pas s’y tromper : en se déclarant, il devient de facto chef d’entreprise, aussi petite soit-elle.

Par ailleurs, le régime auto-entrepreneur ne sépare pas l’identité morale et physique. Autrement dit, quand d’autres statuts séparent le patrimoine personnel du patrimoine professionnel, le chef d’une auto-entreprise est, quant à lui, responsable sur son patrimoine des dettes qu’il pourrait contracter au titre de son activité.

Bonne avancée depuis 2015 cependant : la résidence principale d’un auto-entrepreneur ne peut plus faire l’objet de saisie en cas de créances et d’impayés. Là-dessus, au moins, vous pourrez dormir sur vos deux oreilles. Le conseiller d’Auto-Entrepreneur.fr a également ajouté qu’il existait des démarches juridiques, à organiser au moment de la déclaration d’activité, pour mettre à l’abri ses biens, et de pouvoir bénéficier d’un revenu journalier en cas d’arrêt (maladie, hospitalisation…).

Info n°2 : Qui dit auto-entrepreneur dit quelques obligations légales

Aussi, en tant que chef de micro-entreprise, il y a des obligations légales à respecter. Pas de panique pour autant, en réalité, il y a très peu de démarches à réaliser pour maintenir son auto-entreprise en toute conformité. Il suffit de :

  • créer un compte bancaire dédié à son activité (pas forcément un compte professionnel) à partir de 5 000 € de chiffre d’affaires ;
  • tenir une comptabilité complète mais néanmoins succincte ;
  • déclarer votre chiffre d’affaires chaque mois ou chaque trimestre, selon le choix que vous avez fait au moment de votre déclaration initiale d’activité ;
  • payer la Cotisation Foncière des Entreprises à partir de la 2e année d’exercice.

Rien d’impossible à qui souhaite se lancer en indépendant. Une fois que vous êtes bien informé sur ces obligations, il ne vous reste plus qu’à vous concentrer sur votre profession.

Info n°3 : un auto-entrepreneur peut cumuler plusieurs activités

C’est tout à fait possible, mais il y a certaines conditions à respecter. Pour réussir à conjuguer plusieurs de vos talents sous votre activité auto-entrepreneur, il vous suffira tout simplement de bien connaître les règles.

S’il s’agit de cumuler une activité auto-entrepreneur en parallèle de votre activité de salarié, il n’y a généralement aucun problème. Exception faite des fonctionnaires qui devront vérifier auprès de leur hiérarchie si une activité indépendante est envisageable et de certains salariés de secteurs sensibles. De manière générale, si votre activité auto-entrepreneur ne rentre pas en conflit avec la clause de non-concurrence de votre contrat, tout devrait se passer pour le mieux. Avec un peu d’organisation, vous n’êtes plus très loin d’enchaîner les factures en toute agilité.

Enfin, si vous souhaitez cumuler deux activités indépendantes, alors il faudra se pencher sur la nature de chacune des activités envisagées. En effet, en France, toutes les activités autorisées à être exercées sous ce régime sont réparties dans trois catégories majeures :

  • libérale ;
  • vente et achat de marchandises ;
  • prestation de services commerciales ou artisanales.

Chacune de ces catégories vous oblige à respecter différents taux de charges sociales et différents seuils de chiffre d’affaires.

À ce sujet, mon conseiller Auto-Entrepreneur.fr m’a précisé : “si un auto-entrepreneur souhaite exercer deux métiers, il faudra simplement qu’il le déclare au moment de sa création. Il y aura alors une activité principale, la plus lucrative, et une activité secondaire.”.

En effet, un auto-entrepreneur qui cumule deux activités de même nature n’aura pas à se soucier de séparer son chiffre d’affaires global en fonction de la provenance de ce dernier.  Tout bonnement parce qu’il paiera pour ses deux métiers les mêmes taux de charges. Il pourra donc simplement additionner le chiffre d’affaires de ses deux activités chaque mois ou chaque trimestre et payer ses charges sur ce montant. Attention en revanche, cela ne signifie pas que son plafond de chiffre d’affaires double ! Retenez bien : vous devez respecter le seuil de chiffre d’affaires global annuel d’une catégorie, pas d’une activité.

Et quand un auto-entrepreneur cumule deux activités de nature différente, que se passe-t-il ? Dans ces situations, il existe deux cas de figure, il suffit de reconnaître et de mémoriser le vôtre :

  • Prestation de services et activités libérales : 70 000 € + 100 000 € uniquement si l’activité secondaire est commerciale ;
  • Activité commerciale en principale : 170 000 € comprenant les 70 000 € maximum pour l’activité secondaire.

En bref, le statut auto-entrepreneur est idéal pour se lancer et développer son projet. Que vous souhaitiez uniquement cumuler quelques missions ou tester une activité dans le but de créer une entreprise de taille plus conséquente par la suite, ce régime s’adapte. Selon moi, cette flexibilité reste de loin son plus gros avantage. Mais elle implique aussi un certain nombre de subtilités dont il faut avoir connaissance. Il n’y a pas deux auto-entrepreneurs qui se ressemblent dans leurs projets (et c’est tant mieux !). Aussi, je vous conseille, vous qui souhaitez vous lancer, de prendre dès le début le bon réflexe : s’informer et se faire accompagner !

5